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Mamadou Ndoye (secrétaire général LD) – ‘’Le Président Macky Sall ne consulte pas assez’’



Allié du président de la République, Mamadou Ndoye ne mâche pas ses mots quand il s’agit de dire ses vérités. Avec cette liberté de ton qu’on lui connaît, ‘’Mendoza’’ revient à la charge pour demander au président de la République, Macky Sall, la poursuite de la traque des biens mal acquis. Aussi, dans cet entretien avec EnQuête, le Secrétaire général de la Ligue démocratique reproche au Président Sall son manque de concertation sur des questions majeures qui intéressent la République tels que le Programme Sénégal émergent et les récentes réformes constitutionnelles.





L’affaire dite des ‘’Panama Papers’’ éclabousse beaucoup de pays africains et occidentaux. Au Sénégal, certains noms ont été cités. Quel est votre avis sur la question ?

Ce que je retiens principalement, c’est deux choses. La première est qu’aujourd’hui en Afrique, c’est quelque 15 milliards de dollars qui sortent du continent pour être cachés dans ces paradis fiscaux. C’est à peu près 3 000 fois le budget annuel du Sénégal. Le continent africain, dans le même temps, est en train de quémander auprès des bailleurs de fonds des choses qui peuvent même paraître dérisoires et qui mettent en cause l’indépendance de ces pays. Quand dans le même temps on voit que l’Afrique manque d’écoles, de centres de santé, qu’il y a des gens qui ont faim, des gens qui n’ont pas où habiter et que tout cet argent qui pouvait répondre à de tels besoins est détourné du continent pour être caché dans des paradis fiscaux, l’on comprend aisément le terme de crime économique. C’est pourquoi d’ailleurs le terme crime économique me semble adéquat. Ce sont des criminels, pas simplement dans un sens général, mais parce qu’il y a des gens qui devraient être soignés qui ne peuvent pas le faire et qui meurent ; il y a des femmes qui devraient accoucher dans des centres de santé qui ne peuvent pas le faire, parce que le centre de santé n’existe pas. Quand on se dit qu’avec tout cet argent on aurait pu résoudre de tels problèmes, ce sont de véritables criminels.

Quelle est la responsabilité de nos Etats dans tout cela ?

C’est la deuxième leçon que j’en tire. La lutte contre la corruption doit être la priorité du moment. C’est pourquoi nous avions soutenu fermement la traque des biens mal acquis. Aujourd’hui, l’Etat du Sénégal doit démontrer qu’il continue cette lutte de manière ferme, qu’il continue cette lutte non pas sur des bases politiques ou politiciennes mais pour sauvegarder les ressources du pays. Pour que ces ressources soient investies dans le développement et au regard des besoins des Sénégalais.

Le constat actuel est que la traque des biens mal acquis est au point mort.

Mais justement, nous ne sommes pas d’accord avec l’arrêt comme nous ne sommes pas d’accord avec la sélection. Nous sommes contre l’arrêt comme nous sommes contre la sélection. Nous sommes pour que tous ceux qui ont été auteurs soient poursuivis quel que soit leur bord politique. C’est cela la position de notre parti.



La fête de l’Indépendance s’est tenue dans un contexte marqué par la montée de la menace terroriste qui a plongé la sous-région dans une sorte d’instabilité. Le risque d’une attaque terroriste n’est-il pas aujourd’hui trop grand pour le Sénégal ?

Le risque existe pour tous les pays de la sous-région. Non seulement le risque est extérieur mais il est aussi intérieur.



Pouvez-vous être plus clair ?

Il est intérieur parce que des djihadistes existent à l’intérieur de notre pays. Il ne faut pas se faire d’illusion à ce sujet. Et parmi les djihadistes qui sont même en train de combattre à l’étranger, il y a des Sénégalais. Donc les risques ne sont pas seulement extérieurs, ils sont intérieurs.



La décision du Président Macky Sall d’accueillir sur le sol sénégalais d’ex-détenus de Guantanamo n’expose-t-elle pas davantage le Sénégal face à la menace terroriste ?

Je crois que cette histoire, il faut remonter loin pour la comprendre. Il faut savoir que Barack Obama, deux jours après son arrivée au pouvoir, a pris un décret pour fermer la base de Guantanamo. Mais depuis ce temps, le décret n’arrive pas à être appliqué.



Mais pour quelles raisons ?

C’est que les Républicains qui sont majoritaires au Congrès ne veulent pas que ces djihadistes reviennent aux Etats-Unis non pas parce qu’ils représentent un danger, mais parce que si on applique les lois américaines, toutes les poursuites contre ces djihadistes seraient levées dans la mesure où leurs dossiers sont étayés à partir de torture. Et dès lors qu’il y a torture, les tribunaux américains rejettent le dossier. Depuis lors, Barack Obama a été obligé de négocier avec les pays amis pour essayer de voir comment libérer les gens et au fur et à mesure, fermer la base de Guantanamo. Alors, le Sénégal faisant partie des pays amis, ils ont négocié. Mais il y a deux précautions majeures. La première est que ces individus qu’on donne aux pays amis, d’après leurs dossiers au niveau des États-Unis, ne représentent aucune menace. La deuxième précaution, c’est que les organisations qui suivent ces questions, notamment Amnesty International, ont également affirmé que ces individus ne sont pas dangereux.



Selon vous, le président de la République a-t-il bien fait d’accueillir ces ex-détenus sur le sol sénégalais ?

Je ne dirais pas qu’il a bien fait ou mal fait. Ce que je dis, c’est que les pays amis des Etats-Unis acceptent d’aider Obama à sortir de cette impasse dans laquelle il se trouve avec la base de Guantanamo.



Le Sénégal a-t-il aujourd’hui les moyens de faire face à la menace terroriste ?

Vous savez, quand la France, la Belgique, donc des pays développés, ne peuvent pas éviter sur leurs sols des attentats, on ne peut pas dire que le Sénégal va pouvoir le faire. Par contre, nous avons les moyens de nous défendre contre une agression aussi massive qui vient occuper des villes du Sénégal. Ça, non seulement le discours du président l’a affirmé, mais lors du défilé du 4 avril, nous avons vu comment notre armée est aujourd’hui organisée et disciplinée. Cette organisation permet à plusieurs corps déjà d’être orientés vers la défense extérieure et intérieure du territoire. Ils ont aussi des équipements appropriés comme le niveau de renseignement. De ce point de vue, notre armée est préparée. Mais contre les attentats qu’on fait ici et là avec deux ou trois personnes, personne ne peut dire qu’il va échapper à cela.



Outre la question sécuritaire, le président de la République a également axé son discours sur l’économie. Est-il aujourd’hui sur la bonne voie pour atteindre l’émergence ?

L’émergence, je ne sais pas si on peut l’atteindre ou pas. Parce que les pays émergents que je connais sont des pays qui, durant une très longue période, ont connu des taux de croissance de près de deux chiffres. Nous, nous n’en sommes pas encore là. Par contre, ce qui est encourageant, c’est que chaque année, notre taux de croissance progresse. Cela est encourageant parce que nous venons de loin et il ne faut pas l’oublier. Abdoulaye Wade, depuis 2006, avait fait chuter le taux de croissance pratiquement à 2,5%. Depuis ces temps, nous étions dans une croissance à la fois faible et erratique. Maintenant, depuis l’accession du Président Macky Sall au pouvoir, ce qu’on observe, c’est que chaque année, nous avons des points de plus. C’est cela qui est encourageant mais ça ne veut pas dire que nous sommes dans l’émergence. Quand on regarde les économies de notre zone ouest-africaine, il y a trois pays qui sont devant nous : la plus grosse économie, c’est le Nigeria ; celle qui suit, c’est le Ghana qui est suivi par la Côte d’Ivoire et nous sommes quatrième. Mais en étant quatrième, ce qu’on a pu observer dans cette période, c’est qu’on était en dessous de la moyenne de la zone, c’est-à-dire en dessous à la fois des pays qui sont devant nous comme des pays qui sont derrière nous. Maintenant nous sommes en train de remonter et d’être dans la moyenne. Mais on ne peut pas à partir de cette moyenne simplement dire qu’on est déjà dans l’émergence. On n’est pas dans l’émergence.



Le président de la République a récemment célébré son quatrième anniversaire à la tête du pays. Quel bilan faites-vous de sa gestion ?

Il y a eu des actes que nous avons salués. D’abord, il y a ce que je viens de dire sur le plan économique, nous avons essayé de progresser d’année en année. C’est à saluer.

Sur le plan social, le fait d’avoir créé des bourses de sécurité familiale pour alléger les familles les plus pauvres, cette redistribution des ressources, nous la saluons du point de vue de nos valeurs. En ce qui concerne également certaines hausses de salaires au niveau des fonctionnaires comme le problème de l’abaissement des prix y compris le prix du loyer, tout cela nous le saluons. La lutte contre la corruption avec l’Ofnac et la Crei et tous ces organes qui sont mis en place pour lutter contre la corruption est une bonne chose que nous saluons. Ça, c’est le côté positif. Il y a des cotés sur lesquels nous avons des problèmes.



Lesquels ?

L’un des premiers problèmes, c’est que la gestion d’un pays demande beaucoup de consultations. Et pour nous, le Président Macky Sall ne consulte pas assez. Lorsqu’il y a des décisions qui sont stratégiques, on doit consulter de manière large. Par exemple, vous venez de parler du Sénégal émergent. Comment peut-on faire un plan de développement qui dépasse son propre pouvoir puisqu’il va jusqu’en 2035, c’est-à-dire qui peut intéresser avec l’alternance démocratique même des partis de l’opposition ? Si vous voulez la continuité d’un tel Plan, vous devez vous concerter avec l’ensemble des partis politiques. Or, ni les partis de la majorité, ni les partis de l’opposition n’ont été consultés. Le patronat, les syndicats des travailleurs, le secteur privé en général qui sont les acteurs de ce développement économique n’ont pas été également consultés. Par conséquent, il y a un problème. Lorsqu’ils doivent faire des réformes constitutionnelles, celles-ci intéressent tout le monde y compris l’opposition. Le Président Macky Sall, avant même de prendre l’avis du président de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, devrait consulter non seulement ses partenaires de la majorité, mais aussi l’opposition. Par exemple, comment peut-on parler du chef de l’opposition sans consulter l’opposition ? Comment peut-on parler de la modernisation des partis sans consulter les partis politiques ? Donc, ce problème de consultation est un problème majeur.



Ce manque de consultation constitue-t-il un handicap dans la gestion du Président Sall ?

Bien sûr que c’est un handicap majeur ! Parce que si ceux qui doivent s’approprier le Pse, c’est-à-dire les travailleurs et le patronat, et le mettre en œuvre, n’ont pas participer à son élaboration, c’est une faiblesse du Plan. Lorsque les partis politiques qui doivent soutenir toutes ces actions n’ont pas été consultés, c’est une faiblesse.



Le Sénégal vient de sortir d’un référendum à l’issue duquel le OUI a triomphé sur le NON. Quels enseignements tirez-vous de cette consultation citoyenne ?

Je crois que l’un des premiers enseignements, on vient d’en parler, c’est la nécessité de consulter. Si le Président Macky Sall avait consulté et écouté, certainement, ce ne serait pas 60%, ce serait 90%. Ça, c’est une première leçon. La deuxième leçon importante, c’est que le taux d’abstention est totalement anormal. Et il faut que l’Etat, la société civile et les partis politiques se penchent sur cette question de l’abstention pour voir quelles sont ses sources. Parce que c’est la question même de la citoyenneté qui est posée. C’est également la question même, j’allais dire quelque part, de la force de la légitimité de nos institutions. Parce que si c’est moins des Sénégalais qui sont majeurs qui votent, nous allons avoir des problèmes. Parce que cela signifie que nos institutions ne sont pas basées sur la majorité de nos citoyens. Et nous devons regarder en face le problème et essayer de voir quelles sont les sources et prendre des mesures nécessaires.



Certains parlent d’un stock mort important qui existe dans le fichier. Doit-on aller vers une révision de ce fichier électoral ?

Ça ne peut pas tout expliquer. Si nous sommes 12 millions d’habitants, nous pouvons dire aujourd’hui que la moitié au moins est majeure et donc a le droit de vote. Ces Sénégalais, s’ils sont inscrits, c’est normal qu’on tourne autour de 5 millions et plus d’électeurs. Donc le problème du stock mort n’explique pas tout.



Le soutien que votre parti a apporté au Président Macky Sall lors de cette consultation n’a pas fait l’unanimité au sein de la Ld. Des divergences entre la Direction du parti et certains cadres ont été notées. Cela ne traduit-elle pas une crise dans le parti ?

D’abord la question de l’unanimité est une question dépassée pour tout parti politique. Ça n’existe plus nulle part. On est vraiment loin des votes unanimes qui peuvent exister dans les partis politiques. Ça, c’est terminé pour l’ensemble des partis politiques, pas seulement pour nous. En réalité, il n’y a pas eu de problèmes entre la Direction et les cadres. C’est le Coordonnateur des cadres qui, avant que la Direction ne prenne position, a pris position publiquement dans la presse. Et des cadres qui sont membres se sont levés pour dire : vous ne pouvez pas parler au nom des cadres de cette façon. Il n’y a pas eu de crise, chacun a eu son opinion. L’erreur est de vouloir publier une opinion avant qu’on ne commence à discuter. On a discuté et la position majoritaire s’est imposée.



Après avoir déploré le non-respect de la parole donnée du président de la République sur la réduction du mandat présidentiel, la Ld a finalement décidé de soutenir Macky Sall et battre campagne pour le OUI. Cela n’est-il pas paradoxal ?

Nous n’avons pas soutenu le Président Macky Sall. Il faut que ça soit très clair. Si la question était : est-ce qu’il faut soutenir Macky Sall ou pas ? Elle se poserait ainsi. Nous pensons que ce référendum a été très mal abordé. Nous avons déploré publiquement que le président de la République n’ait pas respecté son engagement. Et ça, nous continuons à le déplorer.

Certains partis politiques ont posé le référendum comme s’il fallait juger le bilan de Macky Sall. Pour nous, ce n’était pas cela le sens du référendum. A la limite, on aurait pu s’abstenir parce qu’en tant que parti politique, nous ne nous sommes pas encore réunis pour faire le bilan global de Macky Sall. Nous ne l’avons pas encore fait. Donc, peut-être, on se serait abstenu. Pour nous, la question qui nous était posée était de savoir s’il fallait rejeter ou accepter ces réformes qu’on nous proposait. Ce n’était ni la personne de Macky ni son bilan gouvernemental qui était en jeu pour nous. Pas du tout !



Jusqu’où comptez-vous aller dans votre compagnonnage avec le Président Sall dans Benno bokk yaakaar ?

Vous savez, un compagnonnage politique se fait sur une base. Et nous, notre base est très claire. Ce que nous voulons, c’est la réussite de cette deuxième alternance. Pour nous, la réussite, ce sont les ruptures qu’il faut apporter. La première rupture, elle est peut-être en marche, mais ne nous donne pas encore pleine satisfaction, c’est la rupture sur le plan économique. Passer d’un taux de croissance faible et erratique à un taux de croissance fort et continu. Les ruptures, c’est la lutte contre la corruption parce que pour nous, la corruption est un véritable crime. Parce que l’argent dont on a besoin pour faire des écoles, des hôpitaux, distribuer des médicaments, répondre aux besoins des gens les plus pauvres, c’est cet argent-là que les gens prennent pour l’amener ailleurs. A ce niveau, il doit y avoir une rupture et nous voulons que la traque des biens mal acquis se poursuivre avec conséquence. Nous voulons qu’il y ait une bonne gouvernance. Nous voulons une gestion beaucoup plus participative. Nous voulons que Benno bokk yaakaar fonctionne comme une véritable coalition, ce qu’elle n’est pas pour le moment. A un moment donné, nous serons obligés de faire le bilan pour voir si ces ruptures s’accomplissent ou pas.



Dans ce cas, qu’allez-vous décider ?

Notre position dépendra de cela.



Les élections législatives de 2017 se profilent à l’horizon. Comment comptez-vous les aborder ?

Pour nous, toutes les options sont ouvertes. Nous avons la coalition Bby, nous avons la Cds (Confédération pour le socialisme et la démocratie) et nous avons-nous-mêmes. Toutes ces options sont ouvertes.



Peut-on s’attendre à ce que vous y alliez sous la bannière de Bby ?

Nous sommes en train de travailler là-dessus. Nous avons eu un Secrétariat élargi qui a commencé la réflexion déjà. Le week-end prochain, nous allons avoir un séminaire national avec les 45 secrétaires généraux des fédérations pour discuter de cette question et d’autres. Et nous avons un bureau politique le 7 mai 2016 pour encore parler de cela. Je ne peux pas dire à l’heure actuelle quelle sera la décision de cette instance. Mais ce que je peux dire, c’est qu’aucune des options que je viens de citer n’est exclue.

Quel est votre avis sur la crise sénégalo-gambienne ?

D’abord cette crise est anormale. Parce que les deux pays sont membres de la Cedeao où il y a la règle de la libre circulation des biens et des personnes. Par conséquent, ce qui est arrivé est contraire à ce que prône la Cedeao. Les deux Etats sont en faute sur cette question.

La deuxième chose, c’est qu’il faut prendre ce qui est essentiel dans les relations entre les deux Etats. Et ce qui est essentiel, ce sont les populations et leurs intérêts. A l’heure actuelle, les populations casamançaises souffrent. D’abord parce que pour le transport, il faut contourner et passer par Tamba et pratiquement doubler, voire tripler le prix du transport. C’est un poids énorme sur les populations. Et ce poids-là se reflète dans le prix des marchandises transportées. Ça se reflète également sur le commerce au niveau régional. Par conséquent, ces souffrances et ces problèmes qui existent au niveau des populations devraient être mis en avant au lieu de prendre en question simplement un voisin difficile.



Mais est-ce que la conduite du Président Yaya Jammeh facilite toujours la chose ?

Quand on a un voisin qui a des anomalies qui, j’allais dire même qui sont anormales, il vous appartient à vous qui gardez votre normalité de gérer de sorte que les populations ne souffrent pas.



Aujourd’hui l’école sénégalaise fait face à d’innombrables crises. Qu’est-ce qui explique cette situation, selon vous ?



L’école sénégalaise vit une double crise. La première était là depuis longtemps. Elle fait référence à l’école sénégalaise qui est en déphasage avec ses objectifs et les besoins de nos populations et de notre développement. Cette inadéquation entre les objectifs de l’école, les contenus de notre éducation et les besoins de notre développement constitue la première crise de l’école sénégalaise. Elle provient de l’histoire de l’école elle-même. Nous avons hérité d’une école sénégalaise qu’on n’a pas su réformer en profondeur pour en faire une véritable école sénégalaise. La deuxième crise, c’est l’instabilité qui règne au niveau de notre système scolaire, je peux même employer le mot désordre pour décrire la situation. Ceci est dû au fait que les principaux acteurs, à savoir le gouvernement et les syndicats d’enseignants, n’agissent pas en toute responsabilité. Le gouvernement d’abord promet des choses qu’il ne peut pas respecter, ce qui fait qu’à chaque fois, c’est le respect des engagements qui revient dans la revendication des enseignants. Et d’autre part, il y a une surenchère au niveau des syndicats des enseignants ; il y a plus de 70 syndicats qui existent actuellement au Sénégal. Chacun essaye de montrer qu’il est le représentant légal de ses pairs et qu’il lutte plus qu’eux. Par conséquent, les grèves deviennent incessantes et c’est l’insatisfaction chronique au niveau du système éducatif.





Que faut-il donc faire pour sortir le monde scolaire de cette impasse ?

Face à une telle situation, il est absolument indispensable de réunir les acteurs que sont le gouvernement et les syndicats d’enseignants mais aussi les autres parties prenantes qui ont un intérêt à la résolution de la crise. C’est entre autres, les parents d’élèves, les communautés de base, la société civile pour que ces parties agissent sur les deux principaux acteurs (le gouvernement et les syndicats) pour les amener à des accords viables. Il faut que le calme revienne dans l’école sénégalaise.

Enquête


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