RÉGIMES DE RETRAITE DE L’IPRES, Les limites usées du système de la répartition

La recherche d’une retraite décente semble ne pas être sur la bonne voix pour répondre aux attentes des assurés. A l’image du système de la répartition qui régit l’Institut de prévoyance retraite du Sénégal (Ipres), et qui, au vue de certains acteurs, « a atteint réellement ses limites ».



RÉGIMES DE RETRAITE DE L’IPRES, Les limites usées du système de la répartition
La journée de réflexion que la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurance (Fssa) a tenu ce mercredi 16 janvier à Dakar autour de « La problématique de la retraite au Sénégal », a permis de soulever les difficultés qui caractérisent le système de retraite au Sénégal. Exposant sur « Le système de retraite à l’Ipres », Papa Babou Ndiaye, responsable des études et ex directeur technique de l’Ipres (Institut de prévoyance retraite du Sénégal), a conclu que « le système de la répartition a atteint réellement ses limites dans la recherche d’une retraite décente au regard d’un financement qui ne tue pas les entreprises ».

Cette situation se caractérise par un ensemble de facteurs dont le niveau de la pension de retraite qui est jugé largement insignifiant par rapport au salaire. Papa Babou Ndiaye avance que l’objectif qui était de 50% en 1958 et qui était respecté jusqu’en 1972, correspondait à un taux d’annuité de 1,33% (garantie réglementaire). À l’en croire, « aujourd’hui ce taux d’annuité est égal à 0,98%, soit une réduction de 26% ». Une réduction qui, d’après lui, « est due à la baisse du taux contractuel d’un point et de la variation dans le temps des pensions moins élevée que celle des salaires ». Ainsi, a-t-il ajouté, au terme de 30 années de services, le travailleur reçoit 29% ; soit un peu plus d’un quart de son salaire soumis à cotisation, donc moins du quart si son salaire dépasse le plafond. Pour l’ex directeur technique de l’Ipres, l’existence du plafond et la faiblesse des pensions avait déjà poussé les cadres vers les années 1970 à réclamer une couverture retraite complémentaire. Il a rappelé que « le régime complémentaire né en 1973 apporte un taux d’annuité de 0,6%, ce qui correspond à une retraite complémentaire de 18% du salaire soumis à cotisation pour 30 années de cotisations ».

Pour rappel, l’Ipres gère deux régimes de retraite notamment le Régime général de retraite au profit des travailleurs du privé et des agents non fonctionnaires de l’Etat et celui complémentaire des cadres au profit des travailleurs cadres des deux secteurs susvisés.

Par ailleurs, le constat est que la retraite reste encore faible par rapport aux attentes des assurés et par rapport à une retraite décente. Ainsi, ce round de la situation amène le secrétaire général de Fssa, Vadiourou Diallo, a se poser la question de savoir : « Qui n’a pas connu dans son entourage, une personne qui, à la fin de sa vie professionnelle, a vu son standing de vie immédiatement se dégrader du seul fait de son passage de l’état de salarié à celui de retraité ».

Selon Papa Babou Ndiaye, c’est cette raison combinée à la recherche d’une retraite décente que l’Etat veut instituer des fonds de pensions gérés par la capitalisation. Sur la même lancée, le directeur de cabinet du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des finances, Mme Néné Mboup Dieng, rappelle que l’Etat a initié un vaste programme de réformes pour répondre aux exigences d’établir un système de retraite sûr. Pour le secrétaire général de la Fssa, Vadiourou Diallo, les changements paramétriques survenus ne sont pas suffisants. « Les prestations des caisses obligatoires de retraite, malgré les réformes paramétriques déjà effectuées, restent insuffisantes. Le taux de remplacement moyen se situe encore autour de 33 % d’où une baisse de 66 % du pouvoir d’achat de l’ex travailleur ». A son avis, la nécessité de compléter les rentes servies par les caisses publiques, ne fait de doute dans l’esprit d’aucun sénégalais.

Ainsi, il dit être persuadé que les solutions à apporter face à ce problème « passeront nécessairement par une coexistence harmonieuse entre le système de retraite par répartition qui symbolise la solidarité intergénérationnelle entre travailleurs et retraités et le système de retraite par capitalisation qui fait à l’effort individuel d’épargne, sans lequel aucune économie ne saurait se développer ».

Sud Quotidien

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