Entreprenariat féminin : Les femmes africaines entrepreneurs déplorent les taux d’intérêt élevés



Les femmes africaines entrepreneurs veulent plus de souplesse dans l’accès au financement. Elles l’ont fait savoir hier lors d’un atelier de formation en développement organisationnel, en renforcement de capacités en management des entreprises, en compétitivité des entreprises et en faisabilité des projets, entre autres.

‘Nous n’avons pas de moyens pour garantir nos emprunts et on nous prête de l’argent avec des taux élevés’. C’est le cri du cœur d’une femme chef d’entreprise en Afrique. Son nom Marie Diallo, elle est pharmacienne d’industrie et travaille dans la transformation du beurre de karité en Afrique. La Sénégalaise, au même titre que ses autres collègues femmes africaines, venues assister à l’atelier de formation pour les femmes africaines chefs d’entreprise ouvert hier à Dakar, est outrée par les difficultés de l’accès aux financements. ‘Malgré les efforts déployés par le gouvernement à travers l’Apix et le Fonds de l’entreprenariat féminin, nous n’arrivons pas à finaliser nos fonds. Les bailleurs ne veulent pas prendre de risques’, regrette la pharmacienne d’industrie qui a eu à former plusieurs femmes au Burkina, au Nord du Bénin, à Parakou, au Mali et au Sénégal.
Elles sont vingt-cinq femmes venues du Liberia, de l’Afrique du Sud, de la Rdc, du Mozambique, du Rwanda et du Sénégal à subir une formation managériale dans des secteurs innovants et prometteurs. Il s’agit de former des femmes entrepreneurs en développement organisationnel, en renforcement de capacités, en management des entreprises, en compétitivité des entreprises et en faisabilité des projets, entre autres. Le Centre panafricain pour la paix et le développement, l’Ong Femmes Africa solidarité (Fas) et la Coopération espagnole sont les principaux initiateurs de cette rencontre de Dakar, au cours de laquelle les sessions de formation seront axées sur les procédures de création d’entreprise, la mise en place d’un business plan et la croissance des entreprises, ainsi que le financement et l’étude du projet. Une session spéciale sera également organisée au Centre multimédia de l’Ucad II à l’utilisation de nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Selon Bintou Diop, secrétaire exécutive de l’Ong Fas, les femmes ont un défi à relever. Le combat, dit-elle, consiste à sortir les femmes du secteur informel vers le Pme et pourquoi pas vers les multinationales. D’où l’intérêt de la recherche de bailleurs pour le financement des femmes, surtout pour les femmes dont les pays ont traversé des crises. ‘Ces femmes éprouvent d’énormes difficultés à faire décoller leurs activités, car elles partent défavoriser par rapport aux hommes’, se désole la secrétaire exécutive de l’Ong.

Pour le directeur de cabinet, représentant le ministre de la Famille, de l’Entreprenariat féminin et de la Micro-finance, cet atelier permettra aux femmes africaines de mieux s’insérer dans la marche d’un monde globalisé, où le dynamisme des affaires et la compétitivité des entreprises sont largement tributaires de la qualité des ressources humaines, notamment de la maîtrise des techniques managériales. ’En dépit de nombreuses contraintes économiques et des tabous sociaux dont sont encore victimes les femmes, il est heureux de constater que des femmes chefs d’entreprise émergent du lot, développent des activités et participent de la création de richesses’.

Issa NIANG

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