Comment manager une équipe pour la première fois sans faux pas ?

La réponse de Roland Labrégère, consultant en management et auteur de « Manager débutant, réussir en 80 jours » aux éditions d’organisation (avril 2005



Quand on est nommé manager pour la première fois, j’aime à dire que c’est comme
si l’on devenait médecin urgentiste : il faut apprendre les gestes qui sauvent. Dans cette période d’apprentissage le jeune manager est fragilisé et payera la moindre faute au prix fort. Il doit donc redoubler de précautions. La première nécessité est de respecter un temps d’observation, de silence pendant les cent premiers jours en ne s’exposant pas à des prises de parole intempestives. Il faut regarder, écouter. Tout a un sens. Pourquoi les secrétaires ne se disent pas bonjour, par exemple.


Pour vous, cela doit être aussi le temps de la réflexion pour comprendre les valeurs, la culture de l’entreprise, mais aussi les processus de communication en usage dans la société. Pour cela il faut faire preuve d’humilité vis-à-vis de vos collaborateurs : ils savent beaucoup de choses, ils ont beaucoup à vous apprendre.
Toutes ces informations relevées il faut savoir les utiliser. Le management c’est de la navigation à vue, cela se construit avec des instruments. C’est donc indispensable de se construire un tableau de bord personnalisé pour diagnostiquer ce qui fonctionne ou dysfonctionne dans votre service. Les critères retenus peuvent être l’état d’avancement des dossiers en cours, le taux de turn-over, d’absentéisme, etc. Tout ce qui est mesurable et peut être amélioré. Ce tableau doit être évolutif : simple au départ puis au fur et à mesure agréger de nouveaux indicateurs. Ce tableau vous servira à rédiger une note synthétique régulière à votre hiérarchique sur le fonctionnement de votre service.


Par ailleurs pour s’affirmer en tant que manager il faut donner l’image de celui qui a compris les enjeux, les défis qui l’attendent et qui donne du sens à son service, à l’instar d’un berger qui conduit son troupeau. Le jeune manager doit également comprendre qu’il est dans un système d’interactions, il est difficile dans ce contexte d’apparaître timide ou réservé ; l’adage « est heureux qui communique », prend donc tout son sens. La limite : il ne faut pas pour autant se forcer à jouer un jeu que l’on ne peut pas tenir sur la durée. Autrement dit, il faut rester soi-même !
D’autres outils peuvent aider le manager à réussir sa prise de poste. Ainsi il peut construire un sociogramme ; il s’agit d’un graphique qui permet de mettre à plat l’état des relations dans son service (un petit rond symbolise chaque personne avec des flèches et un + ou un – selon l’état des relations entre les gens). Cela lui permet d’être plus vigilant, et d’anticiper des conflits.

Au bout de quelques mois de pratique de management il ne faut pas hésiter à s’auto-diagnostiquer. La méthode des portrais chinois est pour cela assez efficace : « si j’étais un manager je serais… », « si j’étais PDG je serais…», etc.

Enfin la solitude est le principal piège qui guette les jeunes managers. Ils ne doivent pas hésiter à rencontrer des cadres de même niveau, une bonne façon d’échanger et de s’aguerrir.

© Capital



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